Aux origines des carnavalsTraditions antiques et carnavals En occident, l’histoire du Carnaval s’ancre d’abord dans l’antiquité. Pour fêter Dyonisos et Saturne aux premiers jours du printemps, le peuple avait la liberté d’inverser l’ordre social habituel. Les Lupercales romaines accompagnaient le début d’une nouvelle année. On y célébrait l’intrusion du monde sauvage dans le monde civilisé. Le désordre s’imposait dans les règles en usage, le monde des morts dans celui des vivants. Christianisme et carnavals En France, le mot « carnaval » apparaît vers 1550 quand profane et religion se mêlent. Son étymologie l’apparente à l’italien : carnavale ou carnavalo, eux-mêmes issus de carnelevare. carne = viande / lever = enlever. Carnaval désigne la période qui précède l’entrée en Carême. Quand les guerres, les disettes, les épidémies et autres calamités ne sévissaient pas, de Noël jusqu’au Mardi gras, veille du Mercredi des Cendres, il était de coutume de faire ripailles. Masques et déguisements étaient de la fête. Riches ou pauvres, puissants ou misérables pouvaient chanter, danser dans les rues, s’adonner aux libations. La transgression des règles était amplifiée par ces travestissements qui dissimulaient les identités. À l’occasion de la Fête des Fous, les manants revêtaient des habits de riches et inversement. Aux temps médiévaux, on pouvait même danser dans les églises, dire la messe à l’envers ou célébrer la Messe des Ânes. Ce défoulement collectif avait aussi l’avantage de prévenir les révoltes et de contenir les tensions sociales. Dans l’ensemble des pays catholiques d’Europe, considérés plus permissifs, le carnaval se répandit avec faste jusque dans les classes les plus huppées de la société. Il ne s’agissait pas vraiment d’une tolérance de l’Église, mais plutôt d’une sorte de marché donnant-donnant. Des excès étaient acceptés que devaient compenser la fidélité sans faille du peuple à l’Église le reste de l’année. L’étymologie du mot Carême nous dit qu’il s’agit d’une altération populaire de l’expression latine quadragesima dies, le « quarantième jour » avant Pâques. Le Carême s’identifie aux quarante jours que le Christ passa dans le désert. Selon les règles établies par l’Église, il prônait l’abstinence et interdisait aux chrétiens de consommer de la viande, des graisses et sucreries dès le lendemain du Mardi-Gras jusqu’à Pâques, bref, un jeûne sévère atténué et aménagé par le Concile Vatican II. Après vingt jours de privations, les catholiques pouvaient autrefois relâcher leur effort d’abstinence au cours d’une journée moins stricte. C’est l’origine de la Mi-Carême. Le Carnaval est donc l’antithèse du Carême. Premiers grands carnavals urbains À Nice, le Carnaval remonte au 13e siècle. À Venise, il date du 15e siècle. À Dunkerque, il s’impose au 17e siècle. En Allemagne, le temps du carnaval s’intitule La cinquième Saison (die fünfte Jahreszeit). 1699, premier carnaval à la Nouvelle-Orléans. En 1796, en France, la « Fête révolutionnaire », destinée à remplacer le carnaval, échoua dans sa tentative de bousculer les habitudes. En Italie, au 16e siècle, le carnaval d’Acireale, consistait en des jets d’agrumes et d’œufs pourris. Un siècle plus tard, il se raffine et s’enrichit grâce aux « abbattazzi », poètes populaires déclamant des vers au long des rues. Enfin, la « cassariata », c’est-à-dire des défilés de « lando », élégants carrosses tirés par des chevaux, réservés aux nobles qui lancent sur les spectateurs des nuages de confetti. C’est déjà la forme moderne de la plupart des actuels carnavals. Cependant, la tradition demeure toujours de combats d’oranges à Ivrea en Italie. À Venise, Napoléon, craignant des complots sous les déguisements, fit cesser le carnaval en public. Il n’a retrouvé toute sa vigueur qu’au milieu du XXe siècle. De multiples fêtes Jusqu’à la première Guerre mondiale, de nombreux rassemblements populaires jalonnaient l’année : les fêtes de printemps, souvent une fête des fleurs en mai ou juin (un corso fleuri), des foires avec cirques, manèges et,...
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